Orthotypo & Co, le nouveau code typo du CEC

« Les correcteurs. On fait une faute, ils la corrigent ; on la maintient, ils la recorrigent ; on l’exige, ils la refusent ; on se bat au téléphone, on remue des bibliothèques, on s’aperçoit qu’ils ont raison. » C’est ainsi qu’Alexandre Vialatte évoquait les correcteurs. Annick Valade, responsable des services lecture-correction aux Éditions Larousse, puis aux Dictionnaires Le Robert, est certes une professionnelle, mais elle n’emploie jamais un ton péremptoire. Elle a accepté de nous transmettre un instrument de travail simple et pratique par son classement alphabétique et fiable grâce à une typographie judicieuse et une orthographe à poigne. Les élèves du Centre d’écriture et de communication où elle enseigne attendaient cet ouvrage avec impatience. Gageons qu’ils seront suivis par tous ceux qui s’attachent à la qualité des écrits.

Jacques Décourt

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De nos jours, chacun, à titre privé ou à titre professionnel, peut être amené à donner un texte à imprimer, voire être conduit à l’éditer soi-même. Il n’est donc pas mauvais – c’est une litote – d’avoir au moins quelques notions d’orthotypographie. Les règles typographiques ont longtemps été exposées dans un manuel intitulé Code typographique, publié par le Syndicat national des cadres et maîtrises du livre, de la presse et des industries graphiques, ouvrage réputé qui a connu de nombreuses éditions.
Ces règles typographiques, bien connues des professionnels, font partie intégrante de l’orthographe d’usage. C’est pourquoi il est nécessaire, impératif même, que tout usager de la langue française en connaisse au moins les principaux éléments, fondés sur le bon sens et le souci d’unifier la présentation des journaux, des livres, des dictionnaires, des revues, des bulletins, des thèses, des rapports, des comptes-rendus… Ainsi l’excellence orthotypographique peut-elle venir s’ajouter à l’excellence grammaticale, syntaxique, rédactionnelle.
Le Code typographique ayant disparu, toute personne cherchant à acquérir des notions d’orthotypographie doit se tourner vers ce que l’on appelle des « marches maison », ou des « livres de style », c’est-à-dire des usages propres à tel ou tel éditeur, à tel ou tel journal. Les meilleurs « dictionnaires de difficultés » abordent eux aussi les règles typographiques. Mais, d’un ouvrage à l’autre, on note des différences, et les choix parfois arbitraires manquent par trop de souplesse.
Le besoin d’un ouvrage modernisé, ouvert, pratique, de consultation aisée, s’adressant aussi bien aux professionnels qu’au grand public, se faisait sentir. C’est pourquoi le Centre d’écriture et de communication (CEC) publie aux éditions des Cornées Laliat un livre de référence, dû à une professionnelle hors de pair : Annick Valade, ancienne responsable des services lecture-correction des Éditions Larousse et des Dictionnaires Le Robert, et qui fut, par ailleurs, membre du jury national des Dicos d’or de Bernard Pivot. L’auteure intervient comme enseignante au Centre d’écriture et de communication, qui forme essentiellement des correcteurs.
Ce code typographique du CEC suit une présentation alphabétique, très commode pour les utilisateurs. Par ailleurs, la nécessaire rigueur d’un ouvrage de référence ne s’oppose pas à la mention de variantes parfois très implantées dans l’usage contemporain, et dont chacun doit tenir compte, sans se figer sur des notions naguère plus restrictives.

Jean-Pierre COLIGNON